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Nature

Perte de Biodiversité: L’humanité au Banc des Accusés

Biodiversité: Foret, Poisson, Oiseau, Tortu

Le constat est alarmant ! La biodiversité sur la planète est dans un sale état. Elle se meurt. L’île Maurice a du souci à se faire. La petite nation africaine est loin d’être un modèle en termes de protection de la biodiversité.

Les activités humaines ont causé un déclin de 68% des populations de vertébrés en seulement 46 ans entre 1970 et 2016. Et la production agricole elle, est responsable de 70% de la perte de biodiversité terrestre.

En moins d’un demi-siècle, les effectifs de plus de 20 000 populations de mammifères, d’oiseaux, d’amphibiens, de reptiles et de poissons ont chuté des deux tiers ! La déforestation, l’agriculture non soutenable et le commerce illégal d’espèces sauvages sont responsables de la destruction de cette nature qui a mis des millions d’années à se développer.  

C’est ce qui ressort du dernier rapport bisannuel de la World Wildlife Fund (WWF), Planète Vivante 2020. Il est sans appel, encore une fois! Les activités humaines ont un impact inquiétant sur l’ensemble des écosystèmes. Le plus important jamais observé est le cas des sous-régions tropicales des Amériques dont le déclin atteint 94 % sur l’indice Planète vivante. Sur le continent africain, la perte est de 65%.

Attention! Nous détruisons la vie!

L’agriculture industrielle est la première cause directe de la perte de biodiversité. A elle seule, la production agricole représente 80% de la déforestation mondiale, 70% de l’utilisation d’eau douce et 70% de la perte de biodiversité terrestre.

L’action de l’homme sur le déclin de la nature est si grande qu’elle nous précipite directement dans l’Anthropocène. Le dérèglement climatique, qui fait déjà partie des cinq menaces majeures, pourrait, lui, devenir la première cause de disparition des espèces, entraînant la disparition d’au moins 20% des espèces terrestres à horizon 2100.

« La pandémie de Covid-19 doit être le signal d’alarme : changeons notre rapport au vivant et exigeons des décideurs une réelle protection de la biodiversité, maintenant », avertit Arnaud Gauffier, Directeur des programmes du WWF France, dans le communiqué de presse du 10 septembre 2020 de la WWF.

La nature décline à un rythme effarant et c’est ainsi notre assurance vie que nous mettons en jeu. Malgré tous les signaux, nous continuons à détruire le vivant. Notre modèle économique actuel est en train d’abîmer un peu plus chaque jour le monde sauvage, peut-on lire sur le site de la WWF.

Ile Maurice: 170ème dans le monde

L’île Maurice, qui a été frappée par une marée noire suite à l’échouement d’un vraquier japonais dans le sud-est du pays, est face à la pire crise écologique de son histoire. Si la nation africaine a pu, jusque maintenant, exceller dans le domaine économique, notamment en ce qu’il s’agit de faire du business (13ème dans le Doing Business de la World Bank), ce n’est pas le cas en matière de la préservation de la biodiversité. 

Maurice est classée 82e sur 180 pays dans le Environmental Performance Index (EPI) avec un score de 45/100. Le pays est troisième en Afrique subsaharienne, bien derrière les Seychelles (38) et le Gabon (76).

L’île Maurice est 170e dans la catégorie Biodiversité et Habitat. Ce dernier évalue les mesures prises par les pays pour conserver les écosystèmes naturels et protéger l’ensemble de la biodiversité à l’intérieur de leurs frontières.

Et selon la biothèque de Maurice, destinée aux élèves et aux enseignants des établissements français à Maurice (AEFE) qui y participent et utilisent la biothèque comme support pour aborder la biodiversité, la plupart des espèces terrestres sont en danger d’extinction et l’état de dégradation de la nature y est très avancée à Maurice. Le taux des espèces menacées est un des plus fort de la planète (près de 80% pour les plantes à fleurs).L’érosion accentuée des plages a réduit la largeur des plages le long de certaines zones côtières de l’île Maurice jusqu’à 10 mètres en huit ans. Le niveau de la mer a augmenté à un rythme de 5,6 mm / an depuis 2003. Une augmentation prévue des températures extrêmes annuelles moyennes couplée à l’érosion des plages peut entraîner une réduction des arrivées de touristes, ce qui entraînera une perte de revenus de 50 millions de dollars d’ici 2050, explique le rapport (Mauritius-Third National Communication United Nations Framework Convention On Climate Change).

Un modèle qui valorise le vivant

Il nous faut être plus ambitieux pour mettre un terme à l’érosion du vivant. Et, comme l’explique le rapport de la WWF, l’humanité doit prendre un virage que, pour l’instant, “notre” civilisation n’est pas en mesure de prendre. Et, les décideurs, eux non plus, ne semblent pas comprendre la gravité de la situation.

La WWF indique qu’un changement culturel et systémique profond est absolument nécessaire pour que notre système économique puisse évoluer vers un modèle qui valorise la nature. Notre société, toute entière, doit mettre le vivant au cœur de son organisation. 

Nous sommes les responsables du déclin de la nature. Nous pouvons aussi être les acteurs de ce changement. Il est urgent et impératif de se mobiliser pour préserver et restaurer les écosystèmes et pour garantir un avenir soutenable pour tous. Un seul mot d’ordre : “agir maintenant et à la hauteur des enjeux!”, écrit Véronique Andrieux, Directrice générale de WWF France.

Le manque d’action pour inverser la courbe de ce déclin inacceptable est fortement décrié par la WWF. Il nous faut inverser la courbe du déclin de la biodiversité et mettre fin à la destruction des habitats naturels et leur permettre de se régénérer. 

Les résultats de la modélisation de l’initiative Bending the curve, publiés dans la revue Nature sont clairs. Nous pouvons agir sur des leviers comme la transformation de la production agricole vers un modèle plus durable accompagnée d’une baisse de 50% de la consommation de viande dans les pays développés. Et, poursuivre la réduction drastique de l’empreinte écologique de l’humanité.