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Covid-19: Les PME mauriciennes durement touchées

Kevin Ramkaloan

La crise Covid-19 a eu et continue à avoir des conséquences néfastes sur le secteur des affaires. Ce sont les PME mauriciennes qui souffrent le plus et cette tendance se vérifie systématiquement dans les conclusions du rapport d’enquête de Business Mauritius.  27% des PME continuaient à opérer de façon partielle en septembre et octobre 2020.

C’est ce qui ressort d’une vaste étude sur les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur la communauté des affaires à Maurice. Business Mauritius a dévoilé les résultats de cette étude d’impact du COVID-19 sur les entreprises ce mardi 8 décembre, lors d’une séance de dialogue entre les acteurs du public, du privé et des institutions internationales. 

Initiée en partenariat avec Statistics Mauritius avec l’assistance technique du PNUD (UNDP Mauritius Country Office) et le Gouvernement du Japon, cette étude a vu la collaboration de 9 associations-partenaires de Business Mauritius (AHRIM, BACECA, MCA, IAM, MCCI, OTAM, AMM, MEXA et MBA), et a été conduite par DCDM Research entre septembre et octobre 2020.

L’impact le plus fort, souligne le communiqué de Business Mauritius, a eu lieu durant le confinement, lors duquel 64% des entreprises interrogées ont cessé toute opération, dont 77% des PME. A ce jour, 78% des entreprises sondées ont repris une activité ‘normale’, mais 27% des PME continuent à opérer de façon partielle.

La demande en baisse systématique

Le plus grand défi posé par la pandémie au secteur des affaires a été une baisse de la demande pour les biens et services pour 67% des 2,707 entreprises contactées, pour cette étude. Cela s’est traduit par une baisse des ventes pour 74% des entreprises sondées. L’ampleur de cette baisse a été de plus de 30% pour 40% des entreprises sondées. Les micro-entreprises sont les plus touchées avec 50% d’entre elles ayant enregistré une baisse de plus de 30% des ventes.  

Sans surprise, les prévisions des entrepreneurs mauriciens à court et moyen terme restent sombres. Ainsi, 52% des exportateurs contactés s’attendent à une baisse des volumes d’exportation sur les 6 prochains mois, et 25% d’entre eux sont incertains quant à l’évolution de la situation.

La production locale a également été frappée de plein fouet. Sur 113 entreprises manufacturières sondées, 53% fonctionnaient à moins de 50% de leur capacité entre avril et septembre 2020. Les PME étaient, une nouvelle fois, les plus impactées. 63% d’entre elles ont opéré à moins de 50% de leur capacité pendant cette période.

L’impact sur la profitabilité a été conséquent pour les entreprises qui ont participé à l’étude, avec 77% d’entre elles signalant une baisse de leurs profits. Le Cash-Flow a diminué chez 22% des micro-entreprises, et chez 52% des plus grandes. Pour ce qui est de leur résistance financière à court-terme, 56% des PME soulignent avoir devant elles moins de 3 mois de Cash-Flow, contre 35% des grandes entreprises. 

L’argent des contribuables au soutien de l’emploi

79% des entreprises sondées ont indiqué avoir pu conserver les emplois dans leur intégralité grâce aux mécanismes de soutien mis en place par l’Etat. En effet, 82% des entreprises sondées avaient bénéficié du Government Wage Assistance Scheme (GWAS) et 22% ont fait appel aux aides gouvernementales autres que le GWAS.

Les secteurs d’activité les plus touchés par la perte d’emploi sont la restauration et l’hébergement, la manufacture, la construction, et le commerce. 28% de toutes les entreprises sondées ont dû procéder à des coupures de salaires afin de maintenir l’emploi.

Pour les mois à venir, il est important de noter que 27% des compagnies sondées s’attendent à une réduction des effectifs et 17% sont dans l’incertitude. Seules 56% n’anticipent pas des réductions d’emploi.

Les caisses de l’Etat sont à nouveau sollicitées pour continuer à faire face à la crise. 61% des entreprises souhaiteraient continuer à bénéficier du GWAS, 19% espèrent des facilités financières (prêts sans garantie ou à taux réduits) et 17% attendent la réduction des taxes et des charges obligatoires.

Un secteur privé ébranlé par la crise

Les entreprises mauriciennes font preuve d’un moral vacillant. Seulement 18% des compagnies sondées avaient signalé que tout était revenu à la normale en septembre, et 10% d’entre elles pensaient que cela n’arriverait jamais. Un bon tiers pensent déjà à des scénarios catastrophes avec environ 33% des entreprises ayant préparé, d’ores et déjà, un Business Continuity Plan.

Pas moins de 42% des répondants ont introduit des mesures visant à réduire leurs coûts d’opération et ont lancé de nouveaux modèles de fonctionnement tels que le télétravail et la flexibilité horaire, entre autres.  

A noter que le télétravail a été largement utilisé par les entreprises locales pour atténuer les conséquences de la crise et des mesures de confinement. Des entreprises sondées, 57% des PME estiment que leurs activités permettent à leurs employés de travailler de chez eux, contre 81% pour les plus grandes compagnies. 

Une grande partie des répondants (41%) estiment qu’il faudra plus de six mois pour que les affaires reprennent à un niveau acceptable. Environ 47% des répondants estiment ne pas faire face à un risque de fermeture alors que 39% sont encore incertains à ce sujet. 

Selon le communiqué de Business Mauritius, toutes les parties se sont convenues qu’une autre étude devra ainsi être faite sur la crise que traverse l’économie nationale. Celle devrait être publiée dans les prochains mois. Peut-on entrevoir, là, une esquisse d’un nouveau modèle économique pour Maurice, plus à même de relever durablement les défis de notre temps?

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