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Mahen Seeruttun : « La bonne gouvernance, un sujet extrêmement important pour le gouvernement »

Pr Dhanjay Jhurry, Aruna Radhakeesoon, Mahen Seeruttun

Les consultations pour un baromètre national de la bonne gouvernance au sein des entreprises mauriciennes ont été lancées par le National Committee on Corporate Governance (NCCG). Ce sujet, estime le ministre des Services Financiers et de la Bonne Gouvernance, Mahen Seeruttun, est extrêmement important pour le gouvernement.

Cet instrument, la Corporate Governance Scorecard for Mauritius (CGSM) devrait être prêt le mois prochain. 

Le National Committee on Corporate Governance (NCCG) a lancé ses consultations sur le nouveau baromètre national qui permettra aux entreprises et aux institutions publiques d’évaluer leur niveau d’adhérence aux pratiques de bonne gouvernance. La Corporate Governance Scorecard for Mauritius (CGSM).

Cet outil a été développé en partenariat étroit avec une équipe d’analystes du département Finance et Comptabilité de l’Université de Maurice. Les consultations sur la CGSM ont d’ailleurs débuté ce mardi 9 février, avec la signature d’un Research Collaborative Agreement entre le NCCG et l’Université de Maurice pour renforcer la collaboration entre les deux institutions.

Conçu sur le modèle de plusieurs outils internationaux de même type que le UK IoD Index, le Bombay SEMSI Scorecard et les OECD Principles, la CGSM a pour objectif principal d’identifier les lacunes en matière de bonne gouvernance et d’aider à les résoudre. 

L’objectif de cette série d’ateliers de consultation est de présenter le concept et la méthodologie de la CGSM, mais aussi d’impliquer davantage d’acteurs-clés locaux dans le projet et en faire des participants actifs. En vue de peaufiner cet outil, le NCCG a aussi obtenu l’appui d’experts internationaux. La Scorecard finalisée devrait être lancée d’ici mars 2021.

Une fois la CGSM finalisée, les entreprises du privé et du public seront invitées à prendre part, de manière volontaire, à un exercice d’évaluation. Le premier rapport d’évaluation devrait être publié dès juillet 2021.

« Il s’agit du tout premier instrument de mesure de gouvernance pour les entreprises ou institutions publiques à Maurice. A travers les consultations commencées aujourd’hui, nous souhaitons impliquer des représentants de tous les partenaires de la société mauricienne, qu’ils proviennent du secteur des affaires ou du secteur public. Nous avons aussi voulu tenir des consultations avec les membres des médias, qui, souvent, font office de garde-fous de la démocratie et des bonnes pratiques de gouvernance», souligne Aruna Radhakeesoon, présidente du NCCG, qui a présidé ce premier atelier. 

Présent, le ministre des Services Financiers et de la Bonne Gouvernance, Mahen Seeruttun a souligné que le CGSM représente une étape cruciale pour le développement d’une meilleure gouvernance au sein des entreprises et institutions mauriciennes. « Ce sujet est extrêmement important pour le gouvernement, qui a d’ailleurs lancé le ministère de la Bonne Gouvernance en 2014 dans ce but. Nous croyons fermement que nous devons viser très haut à ce propos, et le NCCG a réalisé un excellent travail en promouvant cela. Le partenariat constructif entre le NCCG et l’UoM permettra désormais à tous de suivre concrètement les progrès de nos entreprises au niveau de la bonne gouvernance ».

Pr Dhanjay Jhurry, Vice-Chancelier de l’Université de Maurice (UoM) relate : « Lorsque Aruna Radhakeesoon m’a présenté l’idée de développer une Scorecard l’an dernier, cela lui a pris environ 15 minutes pour me convaincre de participer à cette aventure. Le développement de partenariats entre les secteurs privé et public m’a interpellé, car ceci reflète notre mission en tant qu’université. En effet, construire des ponts, des connexions, est au cœur de nos valeurs. Cette Scorecard permettra un développement plus équitable et durable au sein de nos entreprises. De plus, il rendra nos industries plus compétitives, tout en les aidant à mieux appréhender la complexité des différents marchés et du monde ».

Les critères de notation de la CGSM sont multidimensionnels et incluent notamment la transparence, la gestion financière, l’intégrité, les relations avec les employés, le développement durable, la création d’emplois, ou encore la conformité aux réglementations nationales et internationales. « Le but est d’aider les compagnies à créer de la valeur, pas seulement pour elles-mêmes, mais aussi pour la société en général », a soutenu Matthew Lamport, Senior Lecturer à l’UoM, qui a participé à l’élaboration du Scorecard.

La Scorecard a ainsi vocation à devenir un outil important dans la mise en œuvre des principes et règles du Code de Bonne Gouvernance. En effet, les compagnies ayant obtenu des scores en-deçà de la moyenne sur certains critères pourront utiliser les indicateurs de performance de cet outil pour améliorer leurs pratiques, tout en bénéficiant de l’encadrement et des formations prodiguées par le NCCG.

Les entreprises et institutions publiques seront invitées chaque année à participer à l’exercice sur une base volontaire. Dans un premier temps, le rapport annuel de la CGSM, réalisé par un jury indépendant, effectuera un état des lieux des compagnies mauriciennes en matière de bonne gouvernance et identifiera d’éventuelles lacunes à pallier. Dans quelques années, le rapport aura pour vocation d’attribuer des notes précises à chaque entité ayant accepté d’être évaluée selon les critères de la Scorecard.

Les rapports annuels détaillés de la CGSM permettront également aux partenaires internationaux de Maurice, y compris des agences multilatérales et bailleurs de fonds, d’évaluer avec efficacité la performance actuelle et les progrès à venir en matière de bonne gouvernance et de transparence à Maurice. En effet, la CGSM utilise les mêmes indicateurs de performance et méthodes d’évaluation que les scorecards du même type adoptés dans d’autres juridictions internationales. « S’il y a eu des progrès dans l’application des principes de la bonne gouvernance durant ces dernières années, l’évolution de ce progrès est restée largement qualitative. La Corporate Governance Scorecard doit donc devenir un outil clé pour l’avancement de la bonne gouvernance à Maurice, de façon quantitative », estime Aruna Radhakeesoon.