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Covid-19 / Maneesh Gobin: « Nous à Maurice, on a mis les faits dans le formulaire »

Attorney General, Maneesh Gobin

L’Attorney General, Maneesh Gobin est revenu, lors du press briefing sur la Covid-19, aujourd’hui 18 mars, sur le Consent Form à être signé pour se faire vacciner contre la Covid-19.  Selon lui, le gouvernement a été transparent, en mettant tous les faits dans ce formulaire. «Tôt ou tard, c’est une Cour de justice qui viendra mettre tout le monde d’accord. En attendant, nous continuons à nous préoccuper de la santé de notre population », a-t-il dit. 

Maneesh Gobin a affirmé qu’environ 75,000 personnes ont été vaccinées à Maurice, à ce jour. « C’est 10% de notre « target ». On envisage de vacciner 60% de la population, c’est-à-dire 750,000 personnes. Il n’y a qu’une seule façon de combattre la Covid-19, il faut que le pays obtienne, ce que les scientifiques appellent, une « herd immunity ». C’est-à-dire que la grande partie de la population, soit 60%, soit immunisée » , a-t-il déclaré. Et d’ajouter: « Si nous ne le faisons pas, nous allons nous retrouver comme au Brésil où tous les jours, il y a des morts. A côté de nous, l’île de la Réunion est dans une situation très grave. On ne veut pas que ça arrive à notre pays ».

Il est également revenu sur le formulaire que les Mauriciens doivent signer avant de se faire vacciner. « Certains disent que le vaccin est bon mais le formulaire ne l’est pas », a-t-il dit. Ce dernier a rappelé que tous les médecins ainsi que l’OMS ont affirmé que le vaccin était « safe for your health », sauf pour les personnes ayant des complications médicales. « Est-ce que vous pouvez ou non, vous faire vacciner, c’est à un médecin de vous le dire, et non pas un avocat », a-t-il déclaré. 

« Dimunn pu kumans tombe kuma mouss »

Maneesh Gobin a rappelé que c’était la première fois dans l’histoire de l’humanité que des vaccins sont approuvés par l’OMS pour des « emergency use » notamment dans un lapse de temps de seulement un an depuis la découverte d’un virus. Il affirme que l’île Maurice a suivi le pas de l’OMS, en approuvant, elle aussi, des vaccins pour une utilisation d’urgence. « Emergency ve dir urgens. Ena enn pandemi, virus la pe fane partou. Si ou na pa azir rapidma, tou la popilasyon pu infecte et dimunn pu kumans tombe kuma mouss », a dit l’Attorney General. 

Selon lui, le gouvernement a été transparent dans sa gestion du vaccin. « Tous les vaccins comportent des risques, ce n’est pas un gâteau que vous mangez. Même dans un gâteau, il y a du sucre et donc des risques que vous attrapez le diabète. Tous les médicaments comportent des risques », a-t-il déclaré.  « Ou pran antibiotik, ena risk, ou fer enn loperasyon ena risk, Ou pran enn risk parski ou dan enn sityasion kot ou bizin enn traitma »,a ajouté l’Attorney General. 

Maneesh Gobin a déclaré que les risques associés au vaccin étaient minimes. « Je ne vous dis pas qu’il y a zéro risque, car le risque zéro n’existe pas ».  

L’Attorney General a aussi abordé les points juridiques du vaccin. Il a d’abord salué le débat actuel des avocats entourant ce formulaire. « Ce débat peut durer des années. Quand deux avocats débattent cela peut durer longtemps, tant qu’une Cour ne vient pas donner un jugement…Tôt ou tard, c’est une Cour de justice qui viendra mettre tout le monde d’accord. En attendant, nous continuons de protéger la santé de notre population », a-t-il dit. 

« Le contexte est unique »

Ce dernier dit connaître comment fonctionne l’esprit d’un juriste, étant donné qu’il en est un lui-même. « Des avocats viendront vous dire qu’il n’y a pas de précédent en ce qu’il s’agit de ce genre de « consent form ». Il vont aussi vous dire que la jurisprudence est constante », dit-il. 

Maneesh Gobin affirme qu’à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle . « Au cours de l’ère de l’industrialisation, pour la première fois on entendait parler de la responsabilité civile des machines, alors que cela n’existait pas auparavant. Que s’est-il passé, quand il n’y avait pourtant pas de précédent. La jurisprudence était constante. Et bien, la jurisprudence a évolué. Toutes jurisprudences, constantes ou non, sont appelées à évoluer quand la situation est exceptionnelle, comme c’est le cas actuellement. Le contexte est unique », a-t-il expliqué. 

L’île Maurice n’est pas la seule à l’avoir fait, affirme l’Attorney General. « On dit qu’en Angleterre il n’y a pas de ‘consent form’, mais vous savez pourquoi ? L’Angleterre est allé beaucoup plus loin en faisant une loi ». Il souligne l’introduction du Vaccine Damage Payments Speficied Disease Order, en  2020. « La section 3 dit ; the condition of entitlement is omitted in relation to vaccination against Covid-19 », a-t-il déclaré. Il a aussi cité l’exemple des Etats-Unis, qui a offert l’immunité aux fabricants des vaccins. « Nous à Maurice, on a mis les faits dans le formulaire », a insisté Maneesh Gobin.