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Budget 2021/22

François De Grivel | Industriel et Chef d’entreprise : “Il faut recréer un climat d’investissement dynamique”

François De Grivel | Industriel et Chef d’entreprise | @mitd

L’industriel et chef d’entreprise, François De Grivel, qui dont la longévité dans le monde des affaires n’est plus à prouver, se confie à AFM sur la situation du secteur de manufacture et de l’exportation. Il parle aussi des mesures qui peuvent être implémentées dans le prochain budget pour redynamiser ce secteur, qui jadis a fait les beaux jours de l’île Maurice.

Quel est votre constat du secteur manufacturier et de l’exportation? 

François De Grivel: Le secteur représente 14% du PIB, soit environ Rs 75 à 80 milliards dont Rs 45 milliards représentant le secteur de l’exportation. Le secteur qui a été affecté au début de 2020 par des baisses de commandes, a connu une petite reprise en fin d’année 2020 et début 2021. Le budget national 2020/21 du gouvernement nous a facilité la tâche pour le taux de change notamment. Le taux de change dollar et euro est en faveur des industries d’exportation. Nous avons gagné sur le change par rapport à la roupie, entre 15 et 18% sur nos valeurs d’exportation, ce qui aide assez sensiblement ce secteur. 

Aujourd’hui, le secteur compte environ 39,000 à 40,000 employés, et ceci permet de respecter nos commandes. Cependant avec cette petite reprise depuis le début de 2021, nous manquons d’emplois. Ceci est assez sérieux. Cela nous met dans une situation délicate, puisqu’on ne peut pas toujours respecter les commandes de nos clients. Il faut absolument une relance de l’emploi. Nous attendons du budget de juin 2021, une vraie ouverture sous la forme d’emplois étrangers. 

Quand on parle de l’ouverture des frontières, la priorité pour le secteur manufacturier, c’est d’avoir la possibilité d’employer que ce soit du Bangladesh, de l’Inde ou de Madagascar. Bien sûr en respectant la quarantaine. Le coût de la quarantaine se doit aussi d’être raisonnable pour pouvoir relancer ou maintenir nos activités industrielles vers les exportations à l’étranger. C’est l’une des mesures que le gouvernement devrait considérer pour qu’il n’y ait pas de grosses pertes d’activités. Le secteur manufacturier vend en devises étrangères et c’est un des rares secteurs, qui permet l’entrée de devises étrangères à Maurice. 

Sentez-vous que le secteur manufacturier a été délaissé?

François De Grivel: Le secteur manufacturier en général n’a pas été parmi les priorités de l’EDB. Il doit être une priorité absolue au cours de cette année et des années suivantes. De façon à ce que l’investissement se fasse non seulement dans le domaine industriel, mais aussi dans celui des services. Parce que nous voyons qu’il y a pas mal d’étrangers qui sont venus à Maurice pour travailler mais beaucoup d’entre eux repartent car ils ne sentent pas des facilités à l’investissement.

La taxation sur leurs revenus a augmenté dans le budget de juin 2020. Ceci n’a pas été très bien pris par les étrangers, qui ont décidé de partir. L’important c’est de recréer un climat d’investissement dynamique pour tous les secteurs d’activités et que cela crée un appel d’étrangers compétents pour venir à Maurice. Car outre leurs connaissances, ils viennent avec leurs familles et ont un impact sur le secteur de consommation à Maurice. 

Il faut aussi aider les entreprises qui doivent participer ả des salons spécialisés, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis,et aussi une aide pour les démarches marketing. Il y a plusieurs éléments qui doivent être considérés, qui sont nécessaires pour le bien de notre économie mauricienne

Quels devraient être les priorités du ministre des Finances pour le Budget 2021/22?

François De Grivel: La priorité c’est l’emploi pour les industries. La deuxième est l’investissement des étrangers vers l’île Maurice. Un exemple est l’investissement dans les projets immobiliers (IRS/PDS), et la troisième est l’ouverture pour le tourisme. 

Ceux-ci afin de pas voir un chômage qui augmente, ou des problèmes sociaux qui se manifesteraient en fin d’année 2021. Car aujourd’hui, il y a beaucoup de familles qui n’ont pas d’emploi et qui souffrent de problèmes financiers à des niveaux assez élevés. Parfois, même c’est le middle-management qui souffre, le Top-management un peu moins.

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