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Economie

Ile Maurice | FMI: “ La banque centrale devrait s’abstenir de fournir un financement direct au gouvernement”

Le Fonds Monétaire International (FMI) vient de conclure son analyse financier et économique (Article IV) sur l’île Maurice. L’institution plaide pour que la Banque Centrale augmente sa crédibilité en se réformant et en se désengageant de la Mauritius Investment Corporation. 

Alors que le ministre des Finances s’est montré optimiste quant à la reprise économique de l’île Maurice, prévoyant un taux de 9% pour 2021/22, le FMI est lui beaucoup plus conservateur.  “L’économie commencera à se redresser en 2021, avec une croissance prévue d’environ 5%. Les flux touristiques devraient reprendre lentement au second semestre et les exportations se renforceront en ligne avec la demande mondiale. Le chômage restera probablement élevé à mesure que les régimes de soutien des salaires seront réduits, mais reviendront ensuite à la tendance des années précédentes. L’inflation devrait augmenter légèrement d’ici la fin de 2021, tirée par la reprise de la demande globale. La croissance à moyen terme devrait converger vers des taux d’avant la pandémie de 3 à 3½ %. Les perspectives économiques de Maurice sont soumises à des risques à la baisse à mesure que le pays sort de la pandémie. Les flux touristiques sont incertains et une pandémie prolongée pourrait nécessiter des efforts de confinement coûteux et des changements de comportement rapides nuisant au tourisme”, souligne l’institution de Bretton Woods dans le press release sur l’Article IV.

2019202020212022
National Income, prices and employment
Real GDP (percentage change)3.0-14.95.06.7
Consumer Prices (period average, percentage change)0.52.52.33.7
Unemployment rate (percent)6.79.29.29.2
Mauritius: Selected Economic and Financial Indicators, 2019-2022

Cependant, compte tenu de l’augmentation du niveau de la dette, les autorités devraient se préparer à un assainissement crédible à moyen terme et à reconstituer des “buffers” budgétaires, notamment au moyen de mesures budgétaires appropriées. Une fois que le pays sera sorti de la crise, les revenus devront être augmentés et les dépenses réduites pour remettre la dette sur une trajectoire descendante, tout en évitant des coûts sociaux excessifs. Les administrateurs ont souligné qu’un ajustement réussi nécessite de remédier à l’écart croissant entre les dépenses de retraite et les recettes, en particulier compte tenu de la situation démographique défavorable.

Par ailleurs, le FMI plaide pour le renforcement de la crédibilité de la banque centrale, ainsi que l’amélioration de la transmission et de l’efficacité de la politique monétaire.

Les directeurs exécutifs du FMI souligne dans le rapport que : la banque centrale devrait s’abstenir de fournir un financement direct au gouvernement et de s’engager dans des activités quasi-budgétaires. Ils conseillent notamment de réformer les législations gouvernant la Banque de Maurice, et ainsi prévenir contre d’autres transferts exceptionnels au gouvernement. Ils recommandent que la banque centrale soit recapitalisée et qu’elle se désengage de la Mauritius Investment Corporation (MIC) et que le financement de la MIC soit assuré par le biais du processus budgétaire.

Finalement, le FMI exhorte les autorités mauriciennes à poursuivre les réformes pour soutenir la transformation structurelle du pays vers une trajectoire de croissance forte, résiliente et inclusive. Ils ont soutenu l’engagement des autorités à sortir des listes (grise et noire respectivement)  du GAFI et de l’UE, à accroître la diversification, à renforcer la compétitivité, à améliorer les pratiques des exercices d’appel d’offres publics  et à atténuer les vulnérabilités au changement climatique.