Home » Femmes entrepreneurs | Jessyca Joyekurun : « Ne surtout pas abandonner au premier obstacle ou défi »
Femmes

Femmes entrepreneurs | Jessyca Joyekurun : « Ne surtout pas abandonner au premier obstacle ou défi »

Jessyca Joyekurun | Expand Human Resources

Aujourd’hui, nous partons à la rencontre de Jessyca Joyekurun, la femme derrière la compagnie Expand Human Resources ! Cette entreprise, qui compte également des bureaux satellites en Afrique, est axée sur les ressources humaines et le droit du travail. Notre interlocutrice nous parle de son parcours pour ouvrir une société dédiée à l’externalisation des ressources humaines, de ses challenges et donne aussi quelques conseils à celles qui veulent franchir le pas…

Vous êtes à la tête de Expand Human Resources, une entreprise axée sur les ressources humaines et le droit du travail. Mais avant de devenir une femme entrepreneur accomplie, quel a été votre parcours ?

Jessyca Joyekurun : Je suis entrepreneur depuis 9 ans aujourd’hui ! Avant d’en arriver là, j’ai passé près de 3 ans à bourlinguer et à ne pas trouver ma valeur ajoutée et ma place dans le monde du « corporate » ! Consciente que mes valeurs humaines ne correspondaient pas à cet univers, et profitant d’une opportunité financière, j’ai décidé de rejoindre le monde de l’entrepreneuriat ! Avec les encouragements de ma famille, je me suis donc lancée dans l’externalisation des ressources humaines pour les petites et moyennes entreprises à Maurice. 

2014 restera un tournant pour moi, puisque j’ai travaillé seule, avec un assistant, pendant 1 mois sans relâche. J’ai ensuite entamé un démarchage commercial dans 3 pays d’Afrique de l’Est, ce qui a été fructueux et a découlé sur des partenaires d’affaires et 2 bureaux satellites en Tanzanie et en Ouganda. 

Pensez-vous que la route pour devenir entrepreneur est facile et accessible à toutes les femmes ? Nous parlons là des démarches pour le financement, la création de la compagnie, le marketing, etc.

Jessyca Joyekurun : Mon parcours en tant que femme entrepreneure a été fait de hauts et de bas, de succès, de « challenges », mais aussi de « burn-out ». En ce qui concerne la création du business, il faut dire qu’il y a eu du changement depuis mes débuts en 2012 : à l’époque il y avait plusieurs barrières pour se lancer dans l’entrepreneuriat, surtout pour les femmes. Aujourd’hui, le marché comprend des incubateurs comme La Turbine à Moka, qui mise beaucoup sur le « seed funding » et le mentorat pour prendre sous leurs ailes les start-ups prometteurs chaque année. 

L’accès au financement a aussi évolué ! Nous avons maintenant des subventions du gouvernement ou des « plateformes de crowdlending », comme Fundkiss, qui étaient inexistantes à l’époque. Comme certaines banques sont réfractaires aux prêts dédiés aux start-ups, ces plateformes sont plus disposées à prendre des risques et à miser sur des entrepreneurs qui travaillent dur, sont motivés et ont une idée porteuse. 

Les futures femmes entrepreneurs bénéficient aussi de cours gratuits proposés par SME Mauritius et de services de mentorat et de conseil en matière de marketing, de finances, stratégie et affinement du modèle d’entreprise, de conseil en ressources humaines et en droit du travail, etc. 

Quel est le challenge le plus difficile que vous avez eu à relever ?

Jessyca Joyekurun : Les challenges que j’ai relevés à chaque fois et qui m’ont marqué autant personnellement que professionnellement s’étalent sur 3 années. 

Le premier challenge intervient en 2014 durant mon démarchage commercial en Afrique. Je suis partie sur le continent, soit au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie, avec un budget très serré et strict. Ça a été un mois très long et difficile puisque j’ai dû faire des économies là ou je pouvais : donc c’était des longues heures en « coach » au lieu d’une place en avion, des petits hôtels, etc.

Le deuxième défi est la restructuration de mon modèle d’entreprise et le déroulement de mes opérations en 2016. J’ai dû à ce moment-là me séparer de mes employés pour réduire mes coûts afin d’être plus « sustainable » comme on dit… Une décision très difficile pour moi.

Et le dernier challenge est plus récent, puisqu’il est lié à la Covid-19 ! En 2020, mon entreprise connaît une baisse significative au niveau des opérations, et donc des revenus. Il a fallu retrouver la passion et la petite étincelle pour tenir le coup et donner un nouveau souffle à ma compagnie.

J’ai dû remettre en question pas mal d’aspects de ma vie, de mes opérations et de ma clientèle. J’ai fini par faire un plan stratégique de 5 ans pour desservir la nouvelle économie qui se dessine dans un monde « post covid-19′. Nous avons donc maintenant un modèle de business, qui saura être plus résilient et pourra rebondir à chaque fois, peu importe la force majeure qui se présentera dans le futur. 

Un conseil pour celles qui souhaitent également se lancer dans cette aventure entrepreneuriale ?

Jessyca Joyekurun : Mon conseil sincère à toutes les femmes, en particulier aux jeunes femmes, qui souhaitent lancer leur propre start-up serait de s’assurer que vous avez la passion et la vocation pour le métier choisi. 

Autre point important : s’assurer que gagner de l’argent et de faire des bénéfices ne représentent pas la seule motivation de ce projet. Parce qu’être femme entrepreneur demande des sacrifices ! Préparez-vous à un changement de mode de vie, à des horaires de travail bousculés, à des rentrées d’argent asses basses au départ. Il faudra se démener pour créer un réseau, expérimenter et rester informer, à tout moment, des nouveautés dans votre domaine pour ne pas obsolète.

Ne pas hésiter à être audacieuse aussi. Il faudra porter plusieurs casquettes, repenser l’entreprise et la gérer à la manière « Kaizen », afin de vous assurer que tout ce que vous fournissez ajoute de la valeur à la clientèle que vous desservez. Ne surtout pas abandonner au premier obstacle ou défi. 

Vous pouvez essayer de tout faire vous-même pour économiser de l’argent, mais les résultats risquent d’être de courte durée ou prendre plus de temps pour réaliser vos objectifs financiers. Ainsi, en externalisant les services des fonctions « support », cela vous permettra de diriger le cœur de votre métier et de laisser les spécialistes s’occuper de leur domaine d’expertise.

Un petit mot pour terminer ?

Jessyca Joyekurun : Je veux juste rajouter qu’en tant que femme, il faudra être prête à passer au crible et dire non à quelques propositions indécentes, car malheureusement dans une société patriarcale et machiste, il y a toujours certains qui pensent que faire affaire rime avec toutes sortes de faveurs. 

Néanmoins, mes années en tant qu’entrepreneur ont été les plus belles années de ma vie et ne seront jamais dans un million d’années égales à celles de la vie en entreprise à tous les niveaux.


Fiche perso :

Nom et Prénom : Joyekurun Jessyca
Âge : 35 ans
Mariée : Célibataire
Maman : Pas encore
Filière : Ressources humaines et droit du travail
Objectif : Faire une différence dans la société mauricienne et partager mon expérience dans la région africaine
Motto : « When they go low, we go high » – Michelle Obama

Add Comment

Click here to post a comment