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IBA (Amendment) Bill | Covilen Narsinghen de la Mauritius Global Diaspora : “Maurice vit les moments les plus sombres de son histoire”

Covilen Narsinghen de la Mauritius Global Diaspora critique les amendements proposés par le gouvernement au IBA Act, qui selon lui est une atteinte à la liberté d’expression. Selon lui, l’île Maurice vit actuellement un des moments les plus sombres de son histoire. La Mauritius Global Diaspora fait actuellement circuler une lettre à être signée par les électeurs mauriciens et à être remise aux députés de leurs circonscriptions. Covilen Narsinghen a également fait parvenir une correspondance au Président de Maurice,  Prithvirajsing Roopun, pour qu’il refuse son assentiment à cet amendement qualifié de “liberticide”.

Lettre au Président de la République de Maurice

Je, Prithvirajsing Roopun, déclare sous serment que j’exercerai fidèlement la fonction de Président et que, au mieux de mes capacités, je m’engage à préserver, protéger et défendre la Constitution et la loi et à me consacrer au service et au bien-être du peuple mauricien

Prithvirajsing Roopun, les mots ont un sens. Ceux-ci en particulier. Prononcés lors de votre assermentation, ils résonnent de plus belle alors que notre constitution est harcelée de tout bord et que le bien-être du peuple mauricien est en péril. Le contrôle insensé exercé sur la liberté d’expression nous étouffe. Le peuple ne peut plus respirer. Confiné, matraqué, muselé et au bord du gouffre financier, il ne peut plus ne serait-ce qu’imaginer l’avenir, encore moins le construire. M. le Président, votre illustre prédécesseur l’a fait avant vous. Lorsque les Mauriciens furent contraints en 2002 de voter une des lois des plus liberticides, le courage moral prima et la démission du Président d’alors devint une réalité, pour dire non à la répression législative.

M. le Président, en ce 21e siècle, l’espace virtuel est devenu un espace de liberté fondamental au citoyen nouveau. Alors que l’occasion se présente pour atteindre des objectifs grâce à la technologie en matière d’accès à l’information, notre Gouvernement non seulement décide de ne pas agir, mais recule d’un pas de géant. Les amendements à l’IBA sont effectivement dangereux à plusieurs niveaux. Une proposition de loi restreignant le droit à la parole en des termes des plus vagues et sujet à l’interprétation. Un texte qui donne à l’Attorney General le pouvoir d’élargir la nature du crime à son bon vouloir. Des propositions de lois qui menacent d’anéantir toute une industrie. Des employés dans le doute quant à leur avenir. Tout cela pour une Ile Maurice qui, en pleine pandémie, se voit refuser le droit à l’information. Nous parlons ici du sort des centaines de milliers de personnes, hommes, femmes et enfant qui dépendent de la qualité de l’information pour prendre des décisions de vie. 

La radio, depuis des années, était devenue plus qu’une boîte à communication. Celle-ci agissait d’abord comme soupape pour dissiper les tensions qui existent dans la société. Si jadis, l’art de la politique était indissociable à celui de la guerre, le débat remplaça éventuellement la violence comme ultime arme de combat politique. Mais voilà, notre gouvernement reste dans une logique médiévale et non seulement l’intimidation et la violence politique gagnent du terrain, les derniers espaces de liberté qui nous restaient se voient démolir. Comment débattre sans terrain neutre? Comment débattre sans information? Comment débattre sans média? La radio devint ensuite un moyen de pallier le manque de services des citoyens. Injustice sociale, licenciement abusif, coupures d’eau, celle-ci popularisera la culture de l’investigation au sein de l’industrie. Le même manque d’investigation dont souffre pathologiquement la MBC, devenue outil de propagande.

M. Prithvirajsing Roopun, la situation mondiale de la pandémie a révélé que l’information authentique et fiable, accessible dans le cyberespace était devenu comme une fontaine où s’abreuvent les plus assoiffés de vérité. Une fois que l’on prend le goût à la liberté, à la vérité, rien d’autre ne pourrait nous satisfaire. Environ 122 morts par semaine pour novembre, selon les chiffres du gouvernent lui-même. La situation risque de basculer dans le chaos. Devant l’incompétence du gouvernement face à la crise sanitaire, n’avons-nous plus droit à la première des décences, connaitre la vérité?

M. Prithvirajsing Roopun, si votre présidence a été jusque-là peu étincelante et teintée d’un suivisme peu glorieux, nous appelons aujourd’hui à votre courage et surtout à votre sens de l’honneur pour que vous puissiez vous dissocier des agissements d’un gouvernement négligent face à la mort. M. le Président, refusez votre assentiment à cet amendement liberticide et démissionnez, avant qu’il ne soit trop tard!

Covilen Narsinghen,
Mauritius Global Diaspora