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Bébé jeté dans la poubelle d’un avion : « J’ai coupé le cordon ombilical avec mes faux ongles », dit la mère

Agée de 20 ans, elle venait travailler dans un centre d’appels. Elle dit ignorer qu’elle était enceinte et qu’elle a paniqué en accouchant dans l’avion.

« J’ignorais que j’étais enceinte. Quand j’ai accouché, le bébé semblait ne pas respirer. Il ne pleurait pas non plus. J’ai paniqué. Je l’ai placé dans une poubelle après avoir coupé le cordon ombilical grâce à mes faux ongles ». La version de la jeune femme qui a jeté son nouveau-né dans la poubelle d’un avion d’Air Mauritius en provenance de Madagascar dans la nuit du samedi 1er janvier a finalement été consignée vendredi soir.

Les enquêteurs de la police criminelle de l’aéroport de Plaisance ont dû obtenir le feu vert de ses médecins de l’hôpital où elle a été placée sous observation pour l’interroger. Celle qui fêtera ses 21 ans le mercredi 9 février prochain a émis le souhait de voir son fils, né à terme, qui est dans le même hôpital qu’elle. La police criminelle y a objecté, cette décision allant finalement revenir aux services de la protection de l’enfance. 

Le nécessaire devra être fait dans les jours à venir pour déclarer le nourrisson. Ayant vu le jour dans l’espace aérien mauricien, il aura la nationalité mauricienne, fait-on comprendre. L’on ignore toutefois, à ce stade, s’il pourra voyager gratuitement à bord des avions d’Air Mauritius comme c’est la norme ailleurs. Les proches de la jeune femme devraient faire le déplacement jusqu’à Maurice pour « récupérer » l’enfant. 

La jeune femme était venue à Maurice, pour la première fois, pour travailler dans un centre d’appels. Comme certaines de ses compatriotes, elle avait signé un contrat de deux ans. Une source au sein du centre d’appels explique qu’il est courant que de futures salariées annulent leur déplacement après avoir découvert qu’elles étaient enceintes. 

Si elles préfèrent ne pas donner suite à ce contrat, c’est parce que les lois mauriciennes interdisent aux ouvriers et à certaines catégories d’employés étrangers de concevoir un enfant à Maurice. En 2014, trois Malgaches travaillant dans une usine textile de l’Est étaient menacées d’expulsion, ayant accouché dans l’île. Une clause dans leur contrat de travail stipule qu’il leur interdit de tomber enceinte et que, si tel est le cas, elles doivent plier bagages. 

Leur employeur n’avait cependant rien trouvé à y redire et avait même mis une crèche à leur disposition. « C’est davantage par naïveté que par décision d’enfreindre la loi que ces filles sont tombées enceintes. J’espère qu’une solution humaine sera trouvée », faisait alors ressortir l’ambassadeur malgache Richard Via. Ancien syndicaliste passé au barreau, l’avocat Dev Ramano déplorait, de son côté, que l’Etat mauricien nie le droit à la sexualité aux ouvriers étrangers. 

Dans la présente affaire, c’est un des douaniers chargés de fouiller le vol MK 289, les avions en provenance de Madagascar étant systématiquement soumis un tel exercice en raison du trafic de drogue entre les deux îles, qui a découvert le nourrisson. Dans une déclaration à une radio privée, il a expliqué qu’il a cru qu’un chaton se trouvait à l’intérieur. L’enfant était sous une pile de serviettes en papier ensanglantées. 

L’ambassade de Madagascar à Maurice suit ce dossier de près.