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Santé

Un cœur de porc greffé sur un homme : tout est bon dans le cochon

@AFP

Alors que les transplantations sont toujours au centre des débats à Maurice, des greffes avec des organes de porcs sont testés aux Etats-Unis.

C’est une avancée médicale pour les personnes en quête de greffes. Des chirurgiens de l’hôpital universitaire de New York ont réussi l’exploit de greffer le cœur issu d’un porc génétiquement modifié sur un patient vendredi dernier. David Bennett, 57 ans, a accepté l’expérience, étant inéligible à un don d’organe humain. L’opération, annoncée en début de semaine, succède à celle consistant à faire fonctionner le rein d’un porc génétiquement modifié sur un homme. Il a tout simplement été connecté aux vaisseaux sanguins d’un sujet en état de mort cérébrale.

Le cochon étant considéré comme l’animal le plus proche de l’homme, il est perçu comme un réservoir d’organes, certaines ayant des tailles similaires avec ceux d’un humain, faisaient ressortir des chercheurs de Harvard dans la revue Science il y a cinq ans. La xénotransplantation à partir d’organes porcine n’est possible qu’en inactivant des rétrovirus endogènes dans le génome des cochons afin d’éviter des rejets. Un sucre présent dans les cellules des porcs est également enlevé pour éviter que l’organisme humain ne rejette un organe issu de l’animal.

ll faudra attendre les résultats détaillés de cette opération pour savoir si le cochon est l’avenir de l’homme. Rien qu’aux Etats-Unis, 110 000 sont en attente d’une greffe. 6 000 meurent chaque année sans avoir été opérées. Le recours aux organes porcins ne fait cependant pas l’unanimité. « Les porcs ne sont pas des pièces de rechange et ne devraient jamais être utilisés comme tels simplement parce que les humains sont trop égocentriques pour donner leur corps à des patients désespérés pour des greffes d’organes », dit l’ONG internationale People for the ethical treatment of animals (PETA).

Les xénogreffes remontent cependant au 17e siècle. Les premières expériences ont été faites sur les primates, les lointains cousins de l’homme. Un cœur de babouin avait été transplanté sur un bébé dans les années quatre-vingt. Les valves coronaires de porcs sont également utilisées chez des patients, de même que leur peau pour le traitement de grands brûlés.