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Dialogue public-privé : l’Etat prié de favoriser les produits et services des PME

Il s’agit d’une des nombreuses propositions issues des discussions entamées entre le secteur public et privé en faveur du développement économique. Un Comité de coordination présidé par le Financial Secretary, Dev Manraj, est prévu mercredi.

L’Etat est prié de favoriser les Petites et moyennes entreprises (PME) en achetant leurs produits et à avoir recours à leurs services. C’est ce qui découle des propositions consécutives au dialogue entamé entre le secteur public et privé à travers la mise sur pied de différentes commissions par l’Economic Development Board (EDB) au lendemain du Budget 2021-2022. L’objectif avoué de ces discussions vise à identifier les axes prioritaires qui devront être pris en compte pour favoriser le développement économique lors du prochain exercice budgétaire.

Les PME auront donc à offrir des produits et des services de qualité pour non seulement exploiter le marché local, mais régional. Un meilleur encadrement est réclamé afin de les épauler afin qu’elles puissent accéder aux technologies et à l’expertise nécessaire dans leurs domaines respectifs, entre autres. Les formalités administratives sont telles que les entrepreneurs jettent l’éponge malgré les différents plans de financement proposés par l’Etat. Elles devront aussi mieux se faire connaître à l’étranger en faisant leur promotion en ligne.

L’industrie manufacturière aura aussi beaucoup à gagner si Maurice investi dans une ligne maritime régionale. Un cargo hub dans la zone aura toute sa raison d’être, l’île étant trop dépendante des lignes maritimes internationales, ce qui met sa compétitivité en péril. Le port aura à investir dans de nouveaux équipements alors que la Cargo Handling Corporation Ltd (CHCL) devra être gérée par un opérateur privé. Les activités du port-franc devront également être développées à l’aéroport, au port et au niveau du port-franc pour qu’il y ait une véritable stratégie en faveur d’un cargo hub.

Au niveau de l’accès aérien, une nouvelle politique doit être définie, surtout afin d’attirer les vols cargo. Même si plusieurs pays voient en Maurice un tremplin vers l’Afrique, elle n’offre, au final, aucune connectivité. Hormis l’intérêt d’exploiter davantage le port-franc, Maurice doit établir par la voie diplomatique, par exemple, si elle bénéficiera de l’Africa Growth and Opportunity Act, car elle est désormais un pays à haut revenu. Elle devra aussi tirer parti des accords de libre-échange avec les pays de la région pour se fournir en matière première, notamment pour le textile.  

Les exportations mauriciennes ne sont pas suffisamment compétitives. Le « red tape » est une dure réalité à Madagascar et la situation est compliquée vers les Emirats Arabes Unis et la Tunisie. Maurice aura à consolider ses marchés, à en développer d’autres et à se diversifier. La classe-moyenne en Afrique, par exemple, n’est pas à dédaigner. En tablant sur les accords de libre-échange avec la Chine et l’Inde ainsi qu’avec le continent africain, l’industrie mauricienne pourra se réinventer tout en tirant profit des facilités d’entreposage au Kenya, comme celles en Tanzanie.

La digitalisation doit être accélérée au niveau du secteur public, notamment au sein de la Santé. Les lois du travail doivent être modifiées et la formation professionnelle repensée. Le cursus scolaire est bien trop académique, d’où la dissonance entre les demandeurs d’emploi et la demande, notamment dans les Technologies de l’information et de la communication. Inviter la diaspora ou des étrangers à combler ce fossé sera bénéfique au pays. La mise en place de données liées à l’emploi sera un plus, mais la main-d’œuvre vieillit alors que les jeunes préfèrent émigrer.

Une des propositions pour promouvoir la culture numérique serait que l’Etat subventionne les étudiants en termes d’accès à l’internet haut débit. La production d’énergie verte devra être repensée, surtout parce que l’Etat compte utiliser que 40% d’énergie fossile à l’horizon 2030. En offrant des places de parking gratuit aux véhicules électriques sera un pas dans la bonne direction. Le recyclage est urgent et la production vivrière doit être relancée et la production de la viande rouge encourage, 95% étant importée.

Il est primordial d’encourager les jeunes à se tourner vers l’Agriculture et la culture sur le toit des maisons favorisée. Avec le changement climatique, l’aquaculture doit être redéfinie. Finalement, Maurice doit absolument développer le « Knowledge Hub » au niveau de l’éducation tertiaire, le tourisme médical, une industrie pharmaceutique et la production d’appareils médicaux. Tout ceci sera au menu des discussions lors de la tenue d’un Comité de coordination sous la présidence du Financial Secretary, Dev Manraj, ce mercredi.