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Societé

Symposium 50/50 : les politiciens en faveur d’un système de quota

Issu de la campagne Rezone de Gender Links Mauritius, le Symposium 50/50 s’est tenu aujourd’hui 13 avril 2022. C’était l’occasion pour les représentants des partis politiques d’ouvrir le débat sur la représentation féminine et d’aborder la question du quota lors des élections.

Avec cette campagne Rezone (lancée en septembre 2021), la Country Director de Gender Links Mauritius, Anushka Virasawmy, fait un plaidoyer pour une société inclusive où la femme peut faire entendre sa voix. « Nous voulons construire une meilleure démocratie pour tous. Il nous faudra faire un lobby pour que le quota 50/50 soit une réalité », dit-elle. Pour que cela prenne forme, les partis politiques mauriciens et rodriguais ont été invités à venir échanger et débattre sur le sujet lors du Symposium 50/50.

Parmi les invités au panel de discussion du Symposium 50/50 : HE Vincent Degert (Union européenne), Aruna Pulton, Dev Sunnasy, Stéphanie Anquetil, Adrien Duval, Joanna Bérenger, Subhasnee Luchmun Roy et Marie Christiane Agathe (en visioconférence de Rodrigues).

C’est l’Ambassadeur de l’Union européenne à Maurice, H.E Vincent Degert qui a ouvert cet échange en mentionnant que l’UE soutiendrait moralement et financièrement Gender Links Mauritius dans cette démarche sur une durée de 4 ans. Il n’a pas manqué de souligner que la question du quota de femmes pour plus de diversité était controversée, mais que c’était une solution qui apportait des résultats positifs plus rapidement. Pour lui, c’est une option à considérer pour l’Île Maurice qui n’a progressé que de 15 % en 50 ans sur la représentation féminine en politique : on est aujourd’hui à 20 % de femmes au Parlement, alors que le seuil acceptable internationalement est de 40 %…

Sur cette question de quota imposé pour que plus de femmes soient incluses, les panélistes s’accordent pour dire que Rodrigues est un exemple sur le sujet puisque lors des dernières élections chaque parti devait avoir ⅓ de femmes : au final, il y a aujourd’hui 29 % de femmes élues à Rodrigues. Ils étaient également tous sur la même longueur d’onde quant à l’importance du quota pour rétablir l’égalité.

Si aucun engagement concret n’a été pris aujourd’hui par les représentants de ces partis politiques présents, tous se disent prêts à aller sur un quota d’au moins 30 % et sont pour continuer les discussions pour renverser la situation à Maurice. De son côté, Gender Links Mauritius ne compte pas s’arrêter là. Anushka Virahsawmy dit qu’il y aura définitivement « un monitoring et un suivi » de ce qui a été mentionné aujourd’hui !

Points marquants des intervenants :

Joanna Bérenger « Le système électoral actuel est dépassé, et il est temps de le réformer pour mettre en place un système mixte incluant une dose proportionnelle et directe. Imposer un quota, ou la discrimination positive est nécessaire pour mettre fin aux inégalités historiques ».

Adrien Duval« Je suis définitivement pour avoir un système de quota, et même pour une parité à 50/50. Toutefois, cela ne sert à rien si la culture de vote ne change pas. Il nous faut “tackle” cette partie aussi. (…) Il y a plusieurs obstacles encore sur le chemin des femmes qui veulent entrer dans la politique. On devrait déjà arrêter de faire de la femme un bouc émissaire ».

Dev Sunnasy« Cette discussion des partis politiques sur l’égalité des genres et d’inclusion des femmes dans la politique est importante oui, mais je pense qu’il est primordial d’inclure également la société civile dans ce débat ».

Stéphanie Anquetil« Je suis inquiète de la situation sur l’égalité des genres à Maurice. Le pays est très mal classé. (…) Concernant la réforme électorale, il faut noter que le PTR avait déjà proposé en 2014 un projet incluant une dose de proportionnelle. Ce système aurait pu déjà apporter des changements ».

Aruna Pulton« Notre système électoral est archaïque et si on continue comme cela on va conforter le clivage ethnique. On se base encore sur le Census de 1972, mais les données ont certainement changé maintenant. (…) J’entends parler d’une réforme électorale depuis des années, c’est à se demander si ce n’est pas uniquement une utopie aujourd’hui ».

Subhasnee Luchmun Roy — « Il ne faut pas uniquement avoir un système de quota, il faut aussi penser à avoir plus de femmes compétentes à ce niveau pour que le changement perdure ».