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Economie

Moody’s | La pire notation de Maurice

Moody’s a abaissé la note de l’île Maurice à Baa3, soit sa pire note depuis la première notation du pays en 1996. La note Baa3 est la plus basse de la catégorie ‘investment grade’ de l’agence de notation. Maurice partage cette notation avec des pays comme l’Italie, la Roumanie et l’Inde.

La notation BBB-/Baa3 est la dixième note financière la plus élevée pouvant être accordée de la part des agences de notation, derrière la notation BBB/Baa2. Il s’agit de la dernière notation possible avant le passage à la notation en double B, considérée comme spéculative.

Sous cette notation de Baa3, Moody’s estime que les obligations sont de qualité moyenne, sujettes à un risque modéré de crédit et peuvent donc présenter certaines caractéristiques spéculatives. “Bien que le cadre institutionnel reste solide et que l’élaboration des politiques ait toujours soutenu une croissance économique élevée et stable, l’inversion de la détérioration de la solidité économique et budgétaire à la suite de la pandémie est compliquée par le recours à des mesures non conventionnelles et ponctuelles, ce qui crée une certaine incertitude quant à la performance budgétaire et pèse en fin de compte sur l’évaluation par Moody’s des institutions et de la force de la gouvernance”, explique Moody’s pour soutenir le “downgrading” de Maurice de Baa2 à Baa3. 

Moody’s souligne notamment le recours du gouvernement à un certain nombre de mesures ‘one-off’, telles que les transferts des entreprises publiques et les ventes d’actifs, qui accroissent l’incertitude quant à la trajectoire finale de la dette publique et compliquent une évaluation précise de la solidité budgétaire.

Le ‘balance sheet’ de la Banque de Maurice s’est aussi affaibli en raison des mesures de soutien liées à la pandémie, telles que la création de Mauritius Investment Corp (MIC) et l’important don de la banque centrale au gouvernement (55 milliards de MUR, soit 12 % du PIB nominal de 2020), réduisant la prévisibilité et l’efficacité de la politique monétaire. “Alors qu’une structure indépendante a été mise en place pour séparer les décisions prises par la MIC des décisions de politique monétaire de la banque centrale, selon Moody’s, le fait que la MIC investisse une partie des réserves de la banque centrale compliquera davantage l’évaluation de l’efficacité du gouvernement”, souligne l’agence de notation. Cette dernière précise qu’à terme, une détérioration du ‘balance sheet’ de la banque centrale augmenterait le risque d’une cristallisation des passifs conditionnels vis-à-vis du gouvernement central.

La Banque Centrale de Maurice a tenté de relativiser en mettant de l’avant que malgré ce “downgrading”, Maurice conserve toujours son statut d’Investment Grade. “Il reste le seul centre financier international en Afrique avec un classement Investment Grade…”, précise un communiqué de la Banque de Maurice. 

Le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, explique lui que lorsque cinq pays africains détenaient le statut Investment Grade au début de l’année 2020, seuls deux, Maurice et le Botswana, ont pu le conserver, malgré la pire crise économique. “Le gouvernement est pleinement engagé à conforter la position de Maurice en tant que centre financier international réputé et à améliorer en permanence la résilience de l’économie”, dit-il.

Un argument qui risque d’être désuet en cas de prochain “downgrading” de la part de Moody’s. 

Au sein du secteur bancaire, on craint déjà que ce downgrading impacte les notations des institutions bancaires locales par Moody’s. 

Affaire à suivre!

Ratings

AaaPrime
Aa1Qualité Haute
Aa2
Aa3
A1Qualité Moyenne
A2
A3
Baa1Qualité Moyenne inférieure
Baa2
Baa3
Ba1Spéculatif
Ba2
Ba3
B1Hautement spéculatif
B2
B3
CaaRisque substantiel
CaExtrêmement spéculatif
CEn retard de paiement, peut-être en défaut